Le stress est-il vraiment notre ennemi?
Distinction entre le stress aigu et le stress chronique
Le stress aigu est une réaction immédiate à une situation de danger ou de défi. Il peut améliorer les performances, la concentration et la résilience. Par exemple, un peu de stress avant une présentation importante peut aider à se concentrer et à être plus vigilant•e.
Le stress chronique est un stress persistant qui dure sur une longue période. Il peut avoir des effets néfastes sur la santé physique et mentale, comme l’épuisement, l’anxiété, les troubles du sommeil et les maladies cardiovasculaires.
Le stress a évolué comme une réponse adaptative permettant aux humains de réagir rapidement aux menaces. La réponse “combat ou fuite” était cruciale pour la survie dans un environnement hostile. Nos ancêtres ont développé des mécanismes pour faire face à des stress aigus et ponctuels, mais notre environnement moderne impose souvent un stress chronique pour lequel notre physiologie est moins bien adaptée.
Psychologie évolutionniste et stress
Selon la psychologie évolutionniste, les comportements et les réponses au stress qui ont été avantageux pour la survie ont été conservés à travers l’évolution. Cela inclut la tendance à éviter les risques inconnus, même si cela signifie rester dans une situation de stress chronique. Le changement peut représenter un risque. Une situation connue, même si elle est inconfortable, peut être perçue comme plus sûre qu’une situation nouvelle et inconnue. Comprendre que ces réponses sont profondément enracinées peut aider à concevoir des interventions thérapeutiques plus efficaces.
La loi de l’hormèse
L’hormèse est une réponse physiologique à un élément potentiellement dangereux/stressant exercé sur notre corps. On part du principe que si nous récupérons d’une stimulation courte et intense (sport, stress aigu, exposition au froid ou au chaud, etc.), notre corps en ressort plus fort.
Ainsi, selon la loi de l’hormèse, notre corps s’adapte à l’activité physique que nous lui imposons. S’il récupère d’une séance intensive, il en ressortira «adapté» afin de réaliser plus efficacement l’activité physique soumise. Ce principe est également valable à l’inverse : si nous ne lui soumettons aucun effort, il ne verra pas l’intérêt de maintenir ses fonctions musculaires (mais aussi organiques) opérationnelles.
La perception et la gestion du stress
La façon dont une personne perçoit et gère le stress joue également un rôle crucial . Des techniques de gestion du stress - comme la pleine conscience, la méditation, l’exercice physique, et une bonne hygiène de vie - peuvent transformer le stress en un moteur positif. Le soutien social, la résilience personnelle et la capacité à résoudre des problèmes sont aussi des facteurs importants dans la gestion du stress. Il arrive souvent que j’utilise l’activité physique pour moduler la façon dont ma patientèle perçoit le stress. Par exemple, débuter sa journée par un entraînement plus ou moins intensif permet très souvent de réduire l’impact des stress à venir et améliore également sa façon de les percevoir (en positif).
Utiliser le stress aigu pour contrer le stress chronique
Et si certains stress aigus (activité physique, exposition au froid, etc.) pouvaient nous permettre de sortir d’un stress chronique ? Voici quelques éléments pour approfondir cette réflexion :
L’activité physique et les autres stress aigus semblent induire une réponse intense qui déclenche la libération de diverses hormones, telles que l’adrénaline, la noradrénaline, et les endorphines. Le stress chronique, en revanche, est souvent associé à une production soutenue de cortisol, une hormone qui, à long terme, peut avoir des effets néfastes sur la santé.
Le stress aigu, lorsqu’il est bien géré, peut renforcer la capacité du corps à s’adapter aux différents stress.
Ces épisodes de stress aigu peuvent favoriser une meilleure qualité de sommeil et un repos plus réparateur. Utilisez votre corps durant votre journée et il aura une raison de récupérer ensuite (la nuit, par exemple).
S’engager dans une activité physique intense ou se confronter volontairement à un stress aigu (comme les bains froids) peut renforcer la résilience psychologique et la confiance en soi.
Il est indispensable de bien évaluer les besoins de chacun et d’individualiser au mieux ces éléments.
Habitude au stress chronique
Nous avons également tendance à nous habituer au stress chronique. Ce phénomène est souvent lié à plusieurs facteurs psychologiques et physiologiques qui peuvent rendre difficile la sortie de cet état. Il est courant d’analyser le frein au changement, dans le cas du stress chronique, comme étant principalement mental. Nous oublions malheureusement que le corps cherche à maintenir un état d’équilibre, même si cet équilibre est dysfonctionnel. Le système nerveux peut s’habituer à un niveau élevé de certaines hormones (comme le cortisol), et tout changement peut provoquer une résistance physiologique. Sans oublier que ce stress entraîne également une fatigue physique (et mentale) rendant toute initiative pour changer la situation difficile à entreprendre.
Pour nous aider à sortir de cet état, l’objectif des petits pas prend tout son sens (Un Yota après l’autre…). Un soutien psychologique, alimentaire et une augmentation progressive des défis en utilisant des techniques liées au stress physique aigu (sport, bains froids, etc.) m’a permis d’obtenir des résultats plutôt surprenants. Il y a cependant deux points essentiels:
être bien accompagné•e pour que ces conseils soient individualisés correctement;
croiser les informations de cet article avec vos propres recherches.
Conclusion
Si je dois résumer l’intention de ce billet de blog, c’est, d’une part, nous amener à nous questionner sur les différents états de stress; et d’autre part, vous encourager à recréer, ponctuellement mais régulièrement, des conditions qui rappellent les défis ancestraux (comme la chasse ou la cueillette via l’exercice physique, ou les variations climatiques via l’hydrothérapie) pour aider à aligner nos réponses physiologiques modernes avec nos besoins primaires.